Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique
Porté par l’Union africaine (UA), l’Agenda 2063 constitue la feuille de route stratégique qui oriente la transformation du continent sur le long terme. Il incarne l’ambition des États africains de construire une Afrique intégrée, prospère et pacifique, fondée sur un développement inclusif et durable. Inspiré des idéaux panafricains, ce cadre vise à répondre aux défis structurels du continent en définissant les grandes priorités économiques, sociales et culturelles à l’horizon 2063, tout en plaçant les citoyens africains au cœur de cette dynamique de changement.
Pour atteindre les objectifs de cet agenda, le continent doit relever plusieurs défis. Lui qui est confronté à des conflits armés intra et interétatiques, à l’expansion du terrorisme international, aux effets néfastes des changements climatiques, à la criminalité transnationale organisée, aux pandémies et à la cybercriminalité. Ces problématiques contribuent à la fragilité économique ainsi qu’à l’instabilité politique et institutionnelle des États. Il est donc essentiel de mener des réflexions approfondies afin d’identifier des pistes de solutions.
Outre les éditorialistes sénégalais, cette rencontre a enregistré la participation de journalistes venus du Burkina Faso, de l’Angola, de l’Égypte, de la Gambie, de la Guinée, du Mali, du Maroc, de la Mauritanie et du Nigeria. La thématique du jour a été décortiquée par des experts de renom.
Le Pr Oumar Ndongo, de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), a abordé la thématique suivante : « Analyse des défis liés à l’atteinte des objectifs de défense et de sécurité de l’Agenda 2063, avec une évaluation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) ».
Dans sa communication, il a mis en lumière les principaux défis qui entravent la mise en œuvre effective de l’Agenda 2063 en matière de défense, de sécurité et de paix. Son analyse souligne d’abord le paradoxe entre l’idéal d’intégration africaine porté par l’Union africaine et la réalité d’une fragmentation persistante, marquée par des conflits internes, des tensions entre États et des divisions au sein des communautés économiques régionales.
L’évaluation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité révèle plusieurs faiblesses structurelles. La dépendance financière vis-à-vis des partenaires extérieurs limite l’autonomie du continent, tandis que la Force africaine en attente peine encore à devenir pleinement opérationnelle en raison de contraintes logistiques, organisationnelles et doctrinales. À cela s’ajoute l’inadaptation partielle des mécanismes sécuritaires face aux nouvelles menaces asymétriques, notamment le terrorisme, la cybercriminalité et la piraterie.

Dans son analyse, Pr Oumar Ndongo insiste également sur la nécessité de renforcer la diplomatie préventive et les systèmes d’alerte précoce afin d’anticiper les crises plutôt que d’y répondre tardivement. La gouvernance s’impose comme un enjeu clé, les déficits démocratiques et les crises politiques contribuant au ralentissement du continent.
Enfin, la complexité de la coordination entre l’Union africaine, les organisations régionales et les partenaires internationaux constitue un frein à l’efficacité des interventions. Pour le Pr Oumar Ndongo, l’enjeu fondamental réside dans l’adhésion réelle des États africains à des valeurs communes, condition indispensable à la construction d’une architecture de paix et de sécurité durable.
Par la suite, c’est le Pr Alioune Sall, directeur exécutif de l’African Futures Institute, qui est intervenu. Il a abordé la thématique « Réflexion sur le renforcement de l’État de droit, la bonne gouvernance, la valorisation du capital humain et le partage des connaissances ».