Le verdict est tombé ce jeudi 3 septembre 2026, au terme d’un procès qui aura tenu la chronique judiciaire malienne pendant une semaine. Devant la chambre criminelle du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, Alpha Yaya Sangaré, ancien militaire de la gendarmerie, a écopé d’une peine de vingt ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende symbolique d’un franc FCFA versée à l’État.
L’affaire trouve son origine dans la parution d’un livre consacré au terrorisme et à la réponse des autorités face à ce fléau. Selon l’acte d’accusation, l’auteur y aurait tenu des propos de nature à saper la confiance dans les institutions, à jeter le discrédit sur l’action publique et à nuire à la cohésion des forces de défense. Trois chefs de poursuite étaient retenus contre lui : trahison, atteinte au crédit de l’État, et diffusion de fausses informations imputées à des tiers, susceptibles d’affaiblir la discipline au sein des armées.
Durant les débats, le représentant du ministère public s’était montré intraitable, réclamant la peine capitale à l’encontre de l’accusé. En défense, la stratégie fut tout autre : Me Sangaré a fermement contesté les faits, tandis que son conseil a plaidé pour une relaxe totale, dénonçant une lecture excessivement politique de l’œuvre incriminée.
À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, le tribunal a choisi une voie médiane sévère, mais non maximale en prononçant une lourde peine de prison, tout en écartant la requête du parquet pour la mort. Reste désormais à savoir si le condamné exercera son droit d’appel devant une juridiction supérieure, dans les délais légaux.
Cette décision intervient alors que l’actualité nationale est marquée par d’autres faits marquants : le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 2 septembre sous la présidence du général Assimi Goïta, tandis que le général de brigade Harouna Samaké a officiellement pris ses fonctions de gouverneur de la région de Koutiala, après avoir prêté serment devant le tribunal de grande instance de la ville.
