Mouvement du 20 octobre au Tchad : le bilan fait état de nombreux blessés et de plusieurs morts, dont le journaliste Francis Oredje, tué par balle devant sa maison

Le mouvement du 20 octobre a tenu sa promesse. Très tôt ce matin, les manifestants sont sortis dans les rues afin de protester contre la prolongation de la transition du président Mahamat Idris Déby et de son équipe. Malgré les répressions des forces de l’ordre, les membres du mouvement sont déterminés à protester et à se faire entendre. Malheureusement, on note la mort de plusieurs personnes, dont celle du journaliste Narcisse Oredje, tué devant sa maison par une balle.

Le gouvernement tchadien avait interdit la manifestation du 20 octobre

Le mercredi dernier, alors que le mouvement du 20 octobre avait fait son annonce officielle, le gouvernement de transition du Tchad avait fait un communiqué interdisant toute manifestation. En effet, il disait : « La manifestation publique, prévue pour le 20 octobre par certaines organisations est formellement interdite ». Selon les autorités tchadiennes, cette manifestation a été interdite « pour non-respect des dispositions légales liées aux marches pacifiques » au Tchad. En outre, le gouvernement de transition tchadien affirme que selon les informations à sa disposition, cette marche a pour objectif de créer « une insurrection populaire et armée avec l’appui des forces extérieures afin de déstabiliser » le pays.

D’après les sources du gouvernement, il a été prouvé que plus de 1500 jeunes du pays ont été formés et entraînés afin de faire « des casses ciblées contre certains édifices publics et des personnalités » tchadiennes.  Pour N’djamena, cette manifestation a pour but ultime de  « provoquer des affrontements devant causer des blessés et des morts et de faire porter le chapeau aux forces de l’ordre » tchadiennes.

C’est dans cette optique que le gouvernement de transition rassure la population que  « des dispositions sécuritaires sont prises afin de contrecarrer ces actions » que l’opposition a prévues mener ce  jeudi 20 octobre.

Un nouveau gouvernement parallèle au Tchad ?

L’opposant Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, dans l’une de ses déclarations sur Twitter et sur Facebook, a invité ses partisans et tous les Tchadiens qui veulent la liberté, la justice et l’égalité à sortir dans les rues pour réclamer  « gouvernement du peuple ».

Succès Masra a aussi déclaré qu’il va présenter ce jeudi, un gouvernement parallèle à celui déjà existant afin d’aider à la reconstruction du Tchad. Il disait : « le Gouvernement du peuple pour la justice et l’égalité (Gpje) dans la diversité est prêt. Il est diversifié et contrairement à leur machin d’un camp des accompagnateurs chevronnés du père, du fils et sans le peuple, il est équilibré ce Gouvernement du peuple pour la justice et l’égalité ».

Le célèbre opposant tchadien a fait une déclaration assez forte en demandant à Mahamat Idriss Déby, président de la transition de « regagner la caserne », et il lui promet une place dans le « Gouvernement du peuple ». Pour Masra Succès,« Ce Général qui est le seul à ne pas vouloir rentrer dans les casernes, ne veut pas seulement être candidat. Il veut être candidat dans une élection verrouillée à l’avance, avec toutes les manettes ».

Clément Voule, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d’association a exhorté les autorités tchadiennes à garantir et à protéger la manifestation prévue pour demain au sujet de la période de transition politique. Sur sa page, on pouvait lire : « Les forces de sécurité doivent éviter l’usage excessif de la force contre les manifestants conformément aux obligations internationales du pays ».

N’djamena en feu ce jeudi 20 octobre

Pour rappel, des leaders de partis politiques, de groupes religieux, d’associations et de personnalités du Tchad se sont mis ensemble pour créer « le mouvement du 20 octobre ». Ce dernier a pour objectif de protester contre la prolongation de la période de transition à deux ans du gouvernement d’intérim au Tchad. Les membres du mouvement exigent du président de la transition, une démission et aussi la remise du pouvoir aux civils en se conformant à sa promesse qu’il avait faite. En effet, il avait fait une promesse selon laquelle, au terme de la transition qui devrait terminer ce 20 octobre, il rendrait le pouvoir au civil.

Aujourd’hui 20 octobre 2022, une partie de la ville de N’Djaména s’est réveillée avec les bruits de coups de tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes. Selon de nombreux témoins, des manifestants sont descendus dans les rues afin de réclamer le départ de Mahamat Idriss Déby Itno, venu au pouvoir depuis le 20 avril 2021.

Le bilan fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés dans le pays. Dans les artères de la ville, c’est la désolation. Ce sont des pleurs dans certaines familles qui ont perdu leurs proches dans cette manifestation qui est loin de se terminer. En outre, le journaliste Narcisse Oredje a été tué par balle devant sa maison au cours de cette manifestation, précise plusieurs sources. Les forces de l’ordre répriment violemment les manifestations.

La France s’est exprimée en condamnant ces actes de violences dans le pays et s’est assurée de démentir toute affirmation faisant allusion dans son implication dans cette crise. Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dans une note, pouvait dire : « Des violences sont survenues ce matin au Tchad, avec notamment l’utilisation d’armes létales contre les manifestants, ce que la France condamne. Les fausses informations sur une prétendue implication de la France n’ont aucun fondement. La France ne joue aucun rôle dans ces événements, qui relèvent strictement de la politique intérieure du Tchad. Les fausses informations sur une prétendue implication de la France n’ont aucun fondement »

La rédaction

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