Le Ghana en phase d’échanger son or contre du pétrole

Deuxième pays producteur d’or en Afrique, le Ghana a demandé aux sociétés minières de faire des échanges avec la Banque centrale ghanéenne concernant le métal qu’elles raffinent, dans le but de constituer des réserves de lingots d’or. A partir du 1er janvier 2023, ces derniers serviront à importer du carburant et à réduire la demande de dollars après la chute de 57% du Cedi cette année.

Le gouvernement signe un accord provisoire avec l’ENOC

Il y a quelques jours, le Ghana a conclu un accord provisoire avec les Emirats arabes unis. En effet, l’accord a été signé avec l’ENOC (Emiraties National Oil Company) qui se trouve à Dubaï. C’est l’information qu’a donnée Kabiru Mahama,  conseiller économique du vice-président ghanéen Mahamudu Bawumia. Lors d’une interview téléphonique qui lui a été accordée le 25 novembre dernier, Mahama a affirmé que le Ghana est « ouvert à toute société internationale de négoce de pétrole qui serait intéressée ». « A partir d’octobre 2023, tous nos besoins en produits pétroliers seront échangés contre de l’or », a-t-il poursuivi. Il faut noter que l’ENOC n’a pas encore fait de commentaires concernant cet accord avec le Ghana.

En effet, la chute du Cedi et l’inflation épuisent les réserves de change du pays. Selon Bloomberg, la baisse du Cedi constitue la plus mauvaise performance mondiale parmi les devises. Ainsi, pour lutter contre cette situation, le Ghana tente de faire du troc un moyen pour stabiliser son économie. En outre, le président Nana Akufo-Addo et son gouvernement qui ont perdu l’accès aux marchés financiers internationaux en cette année de 2022 à cause de l’explosion de la dette et des coûts du service des prêts, ont l’intention de demander aux détenteurs d’obligations internationales d’accepter les pertes sur leurs investissements. Cela permettra d’ouvrir la voie à un renflouement du Fonds monétaire international (FMI).

Des accords entre gouvernements

Depuis longtemps, Dubaï est connu comme un importateur d’or. Cependant, les EAU sont soupçonnées de blanchiment d’argent à cause des failles réglementaires qu’ils utilisent pour importer de l’or clandestinement sorti des zones de guerre. En rejetant ces allégations, Dubaï a pris des dispositions en intégrant le commerce de l’or au système de déclaration antiblanchiment du pays, ce qui est désormais géré par le gouvernement fédéral.

Il faut noter que le Ghana dépense plus de 9,63 milliards d’euros chaque année pour ses importations. 48% de ce montant est destiné à l’achat du carburant. Ainsi, le pays espère que le troc de l’or contre du brut raffiné lui permettra de reconstituer ses réserves internationales brutes qui ont baissé et atteint les 6,7 milliards de dollars à la fin du mois d’octobre. Cette réserve ne couvre que 2,9 mois d’importations à peine, contre 10,8 milliards de dollars il y a un an plus tôt.

Dans un entretien accordé lundi 28 novembre à Steve Opata, responsable des marchés financiers à la Banque du Ghana, ce dernier a déclaré que  « ENOC souhaite nous donner du pétrole raffiné contre de l’or ». Il a continué ses propos en disant, « En fonction des quantités qu’ils s’engagent à nous donner, nous leur donnerons l’équivalent en or. Il s’agit d’un programme de gouvernement à gouvernement».

Le Ghana achète de l’or pour renforcer ses réserves de change

Le Cedi, monnaie ghanéenne a connu une chute, ce qui a entraîné une croissance de l’inflation qui a atteint 40,4% en octobre. C’est ce qui a poussé la Banque centrale à augmenter les coûts d’emprunt de 250 points de base et atteindre 27%, le niveau le plus haut depuis plus de 19 ans. C’est dans cette optique que la Banque du Ghana va acheter l’or aux sociétés minières en cedis.

Depuis l’année dernière, le Ghana a commencé par acheter de l’or. Ceci arrive pour la première fois en soixante ans afin de renforcer ses réserves de change. « Si nous la mettons en œuvre comme prévu, elle changera fondamentalement notre balance des paiements », a déclaré M. Bawumia. Cette mesure a donc pour objectif de faire croître les achats. Il faut noter que la demande de dollars des importateurs de pétrole à cause de la réduction des réserves de change a conduit à une « dépréciation du cedi et une augmentation du coût de la vie avec des prix plus élevés pour le carburant, le transport et les services publics », a-t-il ajouté.

Cette nouvelle stratégie du Ghana vise à remettre l’économie du pays sur de bonnes bases.

La rédaction

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