CEDEAO : décisions importantes prises au cours du sommet d’Abuja des 03 et 04 décembre 2022, création d’une force militaire sous-régionale pour lutter contre le terrorisme et les putschs

Le Sommet de la CEDEAO à Abuja au Nigeria s’est soldé par de nombreuses mesures qui ont été prises par les dirigeants des nations présentes. L’une d’entre elles est la décision de créer une force de maintien de la paix régionale dans l’espoir de ramener la stabilité et la sécurité dans les pays où les djihadistes sont présents et où il y a une recrudescence des putschs. Le CEDEAO a aussi exigé du Mali de libérer les 46 soldats ivoiriens détenus depuis juillet 2022 sur son sol.

Lutte contre l’insécurité : la CEDEAO joue son rôle

Dimanche 4 décembre 2022, les dirigeants et représentants des pays présents aux sessions de la CEDEAO ont pris la décision de créer une force régionale destinée à intervenir dans la sous-région. Cette dernière aura pour mission de lutter contre la progression des djihadistes, mais aussi de limiter les coups d’Etat qui sont devenus monnaie courante dans bon nombre de pays.

Il faut noter que plusieurs pays de la sous-région sont en proie aux menaces et à la propagation terroriste comme le Mali et le Burkina. Ce dernier a déjà perdu 40% de son territoire au profit de ces groupes armés. Cette propagation a commencé dans le nord du Mali avant de s’étendre au Burkina Faso, au Niger et s’étend ensuite vers les pays du golfe de Guinée. Face à cette progression très rapide, les armées nationales ne sont pas assez puissantes et efficaces pour mener des luttes. C’est la raison pour laquelle elles coopèrent avec les forces de l’ONU, de la Russie et de la France.

L’insécurité dans la plupart des pays est ce qui a déclenché les coups d’Etat dans plusieurs pays depuis 2020 au Mali et au Burkina. C’est pour cette raison que les dirigeants ouest-africains ont décidé de créer une force sous-régionale capable d’intervenir dans les pays concernés par ces menaces. En janvier prochain, les responsables militaires des pays de la sous-région se rassembleront en vue de discuter des modalités de mise en place et de fonctionnement de cette force sous-régionale, a déclaré M. Omar Touray. Il a aussi expliqué que « les dirigeants de la Cédéao ont décidé de recalibrer » son « architecture sécuritaire » et ne plus s’en remettre aux forces extérieures. Il continue en disant qu’ils sont résolus à « à établir une force régionale qui interviendra en cas de besoin, qu’il s’agisse de sécurité, de terrorisme ou de rétablir l’ordre constitutionnel dans des États membres »

Les transitions au Mali, Burkina Faso et en Guinée

Les trois pays ont subi les sanctions de la CEDEAO. En effet, ils sont suspendus des organes de décisions de ladite organisation. Ainsi, sous pression, les militaires au pouvoir ont décidé de céder la place aux civils sur une période de deux ans, période dite de transition au cours de laquelle ils vont faire la refonte de leurs nations respectives. Cette rencontre à Abuja a aussi été le lieu pour les présidents et représentants des nations de faire la revue des actes accomplis par les militaires pour atteindre ce qu’ils appellent « un retour à l’ordre constitutionnel ».

Le président de la CEDEAO, Omar Touray a mentionné qu’il faut que « l’ordre constitutionnel revienne dans les délais prévus » au Mali. Il a continué par dire que si les militaires ne respectaient pas les délais de la transition, ils auraient fait trois ans et demi à la tête de l’Etat, ce qui n’était pas prévu. En Guinée, Omar Touray a sommé les militaires au pouvoir d’associer « sans exception » et « immédiatement » les partis politiques et la société civile au processus visant à redonner le pouvoir aux civils. En ce qui concerne le Burkina, le président de la CEDEAO exprime de « sérieuses inquiétudes » concernant l’évolution sécuritaire et la crise humanitaire dans le pays. La CEDEAO a décidé d’aider le Burkina à sortir de cette crise.

Dossier des 46 soldats ivoiriens au Mali

L’une des questions qui a été abordée au cours de ce sommet est le cas des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis juillet 2022. Dans une de ses déclarations à certains journalistes, le président de la commission de la CEDEAO a déclaré que les dirigeants ont exigé du Mali de libérer ces 46 soldats ivoiriens avant le 1er janvier 2022.

Si le Mali ne respecte pas cette exigence, il sera soumis à de nouvelles sanctions. C’est ce qu’a déclaré un diplomate ouest-africain à un correspondant de l’AFP sous couvert de l’anonymat. Alors que cette situation crée une véritable tension entre ces deux pays limitrophes et tous deux membres de cette organisation, il faut que ce dossier soit réglé le plus tôt possible. Le président togolais Faure Gnassingbé, celui qui joue le rôle de médiateur dans ce dossier, se rendra au Mali prochainement pour « exiger » la libération des 46 soldats ivoiriens détenus, a ajouté le diplomate.

Leave a Reply

Your email address will not be published.