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Mali : Face à une « catastrophe alimentaire », le PAM appelle à un soutien urgent

Tandis que la violence, les déplacements de population et les chocs climatiques continuent d’exacerber l’insécurité alimentaire et la malnutrition au Mali, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) à besoin d’un financement urgent pour augmenter son assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence à 3,8 millions de femmes, d’hommes et d’enfants dans les régions touchées par le conflit, notamment au centre, au nord et au sud-est du Mali.

« L’insécurité alimentaire a déjà atteint des niveaux alarmants à Ménaka. Nous devons agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard pour éviter une insécurité alimentaire généralisée en veillant à ce que les personnes vulnérables reçoivent une assistance rapide et efficace. Les conséquences de l’inaction sont inconcevables », a déclaré le Représentant et Directeur du PAM au Mali, Éric perdison.
Le renforcement de la réponse du PAM ciblera les zones difficiles d’accès comme Ménaka, où le nombre de personnes forcées de fuir leurs maisons continue d’accroitre, la faim atteignant des niveaux catastrophiques en raison des effets combinés des extrêmes climatiques et des violences intercommunautaires.

1,2 million de personnes avec un accès irrégulier à des aliments

Le cumul de l’insécurité, des chocs climatiques et des prix élevés des denrée alimentaire continue de provoquer une faim et une malnutrition aiguës au Mali, avec un nombre de personnes confrontées à un accès irrégulier à des aliments nutritifs, qui devrait atteindre 1,2 million pendant la période de soudure de juin à septembre, selon l’analyse de la sécurité alimentaire Cadre harmonisé (CH) de mars 2023.
Pour la première fois depuis le lancement du Cadre harmonisé en 2014, plus de 2.500 personnes dans la région de Ménaka devraient connaitre des niveaux de catastrophes de faim (phase 5 du CH) pendant la période de soudure-à un pas de la famine.

La propagation de l’insécurité dans les régions du sud et de l’ouest du Mali auparavant sécurisée, a également un impact négatif sur l’agriculture, la pêche et la production animale et réduit considérablement la capacité des familles à accéder à la nourriture.

La dernière analyse de marché de février 2023 indique que les prix des denrées alimentaires ont considérablement augmenté pour le mil (+55%), le Sorgho (+27%), le maïs (+43%), le riz importé (+26%), et le riz local (+28%), par rapport aux moyennes quinquennales. Ces augmentions entravent davantage l’accès à la nourriture pour les familles les plus pauvres.

Le PAM a besoin d’urgence de 110 millions de dollars

Globalement, en 2023, le PAM prévoit de fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence à 3,8 millions de personnes au Mali, y compris 650.000 pendant la période de soudure précoce (mars à mai) et 1,2 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire pendant la période de soudure agro-pastorale (juin à septembre).

Les contraintes de financement ont déjà forcé le PAM à réduire les rations alimentaires de 50 pour cent pour les communautés hôtes en avril et en mai

En collaboration avec le commissariat à la sécurité alimentaire du Mali, le PAM apporte actuellement une aide en espèce à 487.500 membres de la communauté d’accueil et à 162.500 personnes déplacées l’intérieur du pays pour leur permettre d’acheter les aliments de leur choix sur les marchés locaux.

En plus de cette aide alimentaire d’urgence vitale, le PAM continuera à mettre en œuvre des programmes de prévention et de traitement de la malnutrition au profit de 450.000 enfants (âgés de 6 à 59 mois), de 22000 femmes et filles enceintes et allaitantes et de 48.000 parents d’enfants hospitalisés chez qui on a diagnostiqué une malnutrition aiguë sévère. Mais, sans ressources suffisantes, la réponse du PAM sera considérablement réduite.

Pour poursuivre son assistance alimentaire et nutritionnelle aux personnes vulnérables au Mali, le PAM à besoin d’urgence de 110 millions de dollars, au cours des six prochains mois. Les contraintes de financement ont déjà forcé le PAM à réduire les rations alimentaires de 50% pour les communautés hôtes en avril et en mai.

Sans un financement adéquat, le PAM sera obligé de procéder à des réductions encore plus conséquentes à partir du mois de juin.

ONU INFO

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